Mémo pédagogique · Senari · Faisabilité & urbanisme

Comprendre les surfaces et règles
qui font ou défont un projet foncier.

Un support de discussion clair, partageable, pour aligner prospects, équipes et partenaires sur les notions qui pèsent vraiment dans un calcul de faisabilité : emprise, SDP, SHAB, retraits, terrasses, sous-sols.

À retenir en 30 secondes →

01 · Vue d’ensemble

Six notions, six logiques de calcul.

Une même parcelle peut produire des chiffres très différents selon la métrique retenue. Comprendre ce que chaque notion mesure — et ce qu’elle ignore — évite les mauvaises surprises au moment du dépôt, du chiffrage ou de la commercialisation.

Ce mémo donne pour chacune : une définition simple, une explication « en clair », ce qui compte, le piège fréquent et un mini-exemple foncier.

  • 1Emprise au solProjection au sol du bâtiment
  • 2SDPSurface de plancher constructible
  • 3SHABSurface habitable nette
  • 4RetraitsDistances réglementaires
  • 5Terrasse / BalconSelon hauteur et surplomb
  • 6Sous-solSelon usage et métrique

02 · Emprise au sol

L’ombre du bâtiment sur la parcelle.

L’emprise au sol correspond à la projection verticale du volume de la construction, débords et surplombs inclus. C’est, en pratique, la surface que dessinerait l’immeuble vu d’avion.

Vue de dessus — débords compris

Vue de dessus d’une parcelle avec emprise au sol Parcelle rectangulaire avec bâtiment, débords de toiture, balcon en surplomb et terrasse de plain-pied. Parcelle Bâtiment Débord de toiture Balcon (surplomb) Terrasse de plain-pied vue de dessus

Bâti compté · Débord/surplomb compté · Plain-pied : en général non compté

En clair

Posez la maquette sur la parcelle, allumez une lampe au-dessus : l’ombre projetée au sol, c’est l’emprise. Tout ce qui dépasse du bâtiment compte, même sans toucher le sol.

Ce qui compte

  • Le volume bâti et ses débords (auvents, casquettes, balcons en surplomb).
  • Les éléments en porte-à-faux au-dessus du terrain.
Piège fréquent Confondre emprise et SDP

Une terrasse au même niveau que le terrain naturel, sans fondations profondes, est en général exclue de l’emprise au sol. Mais une terrasse surélevée, un balcon ou une pergola peuvent en créer : tout dépend de la définition retenue par le document d’urbanisme local.

Mini-exemple foncier

Parcelle 500 m². PLU : emprise max 40 %. Bâtiment 180 m² + débord de toit 8 m² + balcon en surplomb 4 m² = 192 m² d’emprise, soit 38,4 % < 40 %. Marge faible : tout débord supplémentaire doit être arbitré.

03 · Surface de plancher (SDP)

Le potentiel constructible mesuré au nu intérieur.

La SDP additionne les surfaces de chaque niveau, closes et couvertes, dont la hauteur sous plafond dépasse 1,80 m, mesurées au nu intérieur des murs de façade, avec des déductions précises.

Coupe verticale — seuil 1,80 m

Coupe verticale montrant les niveaux clos et couverts au-dessus du seuil 1,80 m Bâtiment à deux niveaux et combles avec hauteur sous plafond mesurée, terrasse extérieure non comptée. RDC clos & couvert R+1 clos & couvert seuil 1,80 m comble > 1,80 m compté Terrasse — non SDP 1,80 m

Surfaces comptées en SDP · Hors SDP · Seuil 1,80 m

En clair

Imaginez chaque étage : tout ce qui est fermé, couvert et tient debout (plus de 1,80 m sous plafond) entre dans la SDP. On enlève ensuite les épaisseurs de murs extérieurs, certaines circulations et stationnements selon les cas.

Ce qui compte

  • Tous les niveaux clos et couverts dont la hauteur sous plafond > 1,80 m.
  • Mesure au nu intérieur des façades, après déductions réglementaires.
Piège fréquent Compter tout l’étage de combles

Sous la pente du toit, seules les zones où la hauteur dépasse 1,80 m comptent. Les rampants bas sont à exclure. Idem pour les sous-sols : la prise en compte dépend de la hauteur et de l’usage.

Mini-exemple foncier

Maison : RDC 90 m² + R+1 80 m² + combles utiles > 1,80 m 25 m². SDP brute ≈ 195 m², à laquelle on applique les déductions (murs extérieurs, gaines, etc.) avant de la comparer au plafond du PLU.

04 · Surface habitable (SHAB)

La surface réellement habitable, pas le foncier théorique.

La SHAB part de la surface de plancher et retire ce qui n’est pas habitable : murs, cloisons, escaliers, gaines, embrasures. Elle exclut, selon le contexte, caves, sous-sols, garages, terrasses, loggias, balcons, vérandas.

Plan intérieur — ce qui reste habitable

Plan intérieur d’un logement avec pièces habitables et éléments exclus Plan montrant séjour, chambres, salle de bain comptés en SHAB, et murs, cloisons, escalier, gaine exclus. Séjour Chambre 1 Chambre 2 Salle de bain Escalier — exclu Gaine Murs & cloisons exclus

Pièces habitables comptées · Murs / cloisons exclus · Escalier, gaine exclus

En clair

La SHAB, c’est la surface où l’on peut vraiment vivre : poser un canapé, un lit, marcher. On retire tout ce qui est « structure » ou « technique », et tout ce qui n’est pas un espace de vie clos chauffé sous 1,80 m de plafond minimum.

Ce qui compte

  • Pièces de vie sous plafond ≥ 1,80 m.
  • Surface nette après déduction des murs, cloisons, escaliers, gaines et embrasures.
Piège fréquent Vendre du balcon comme habitable

Caves, sous-sols, garages, terrasses, loggias, balcons et vérandas sont, selon le contexte, exclus de la SHAB. Ils sont valorisés à part dans la commercialisation, mais ne s’ajoutent pas à la SHAB annoncée.

Mini-exemple foncier

SDP du logement : 100 m². Déductions murs/cloisons/escaliers/gaines : ≈ 12 m². SHAB ≈ 88 m². Le balcon de 6 m² et la cave de 4 m² sont commercialisés séparément, jamais agrégés à la SHAB.

05 · Retraits

Les distances à respecter autour du bâtiment.

Les retraits sont les distances minimales imposées par le PLU entre la construction et les limites de la parcelle : limites séparatives, voirie, voisins, parfois fond de parcelle. Ils façonnent la silhouette possible du projet.

Plan de parcelle — distances aux limites

Plan de parcelle avec retraits réglementaires Parcelle entourée de limites séparatives, voirie au sud, bâtiment au centre avec cotes de retrait. Voirie Parcelle Limite séparative Limite séparative Bâtiment retrait latéral retrait latéral retrait voirie retrait fond

Bâtiment · Cotes de retrait · Voirie

En clair

Le PLU impose un « coussin » autour du bâtiment : pas de mur à la limite, pas de pignon collé à la rue. C’est la première contrainte qui dessine la boîte constructible utile sur la parcelle.

Ce qui compte

  • Distance aux limites séparatives latérales et de fond.
  • Recul depuis la voirie ou l’alignement.
  • Rapport hauteur/retrait (H/L) parfois exigé.
Piège fréquent Oublier les surplombs au-dessus de la limite

Un balcon, une casquette ou une marquise qui dépasse au-dessus de la limite séparative ou de la voirie peut être interdit, même si le mur respecte le retrait. Vérifier la définition du retrait au PLU (au nu de façade ou tout point de la construction).

Mini-exemple foncier

Parcelle 12 × 25 m. PLU : retraits 3 m latéraux et 5 m sur voirie. Empreinte constructible utile : 6 × 20 m soit 120 m² au sol, indépendamment du plafond d’emprise et de SDP.

06 · Terrasse & balcon

Plain-pied ou surélevé : la nuance change tout.

Une terrasse au niveau du terrain naturel, sans fondations profondes, n’est en général pas constitutive d’emprise. Un balcon, une terrasse surélevée ou une pergola peuvent l’être : c’est du cas par cas, dicté par le document d’urbanisme local.

Coupe — plain-pied vs balcon surélevé

Coupe comparative entre terrasse de plain-pied et balcon en surplomb Deux cas côte à côte : à gauche terrasse de plain-pied non comptée, à droite balcon surélevé compté en emprise. Terrain naturel Maison Terrasse plain-pied Cas A En général : pas d’emprise Maison Balcon (surplomb) → Cas B Peut compter selon le PLU

Bâti · Surplomb compté · Plain-pied non compté

En clair

Pas de fondation profonde, au ras du sol : la terrasse est en général neutre pour l’emprise. Dès qu’on monte, qu’on couvre, ou qu’on déborde au-dessus du vide, on entre dans une zone à vérifier.

Ce qui compte

  • Hauteur par rapport au terrain naturel.
  • Présence d’un surplomb au-dessus du sol ou de la limite.
  • Définitions retenues dans le PLU et le règlement local.
Piège fréquent Penser « terrasse = jamais d’emprise »

Une terrasse posée sur pilotis ou un toit-terrasse accessible n’est pas la même chose qu’une dalle au sol. Idem pour une pergola fixe. À chaque fois : confronter au document d’urbanisme local avant de chiffrer.

Mini-exemple foncier

Maison RDC + terrasse 25 m² au niveau du terrain naturel : l’emprise reste celle du bâti, 90 m². Variante avec terrasse surélevée 25 m² sur vide sanitaire : emprise potentielle 115 m², à arbitrer au regard du PLU.

07 · Sous-sol

Une surface qui peut compter… ou pas.

Le sous-sol est rarement neutre. Il peut entrer dans la SDP selon la hauteur sous plafond et l’usage, sortir de la SHAB s’il n’est pas habitable, et changer la valeur foncière selon qu’il abrite stationnement, cave ou local technique.

Coupe sous-sol — usage et valorisation

Coupe d’un sous-sol avec différents usages et leur traitement métrique Sous-sol en coupe contenant garage, cave et local technique. RDC habitable au-dessus. Terrain naturel RDC habitable (SHAB + SDP) Garage SDP : souvent déduit Cave Hors SHAB Local technique H sous plafond Surface valorisable : variable selon usage et métrique

Habitable · Hauteur sous plafond · Usages annexes

En clair

Le sous-sol n’est pas un bloc unique : chaque mètre carré est traité selon ce qu’on en fait. Stationnement, cave, local technique, ou pièce de vie aménagée : la SDP, la SHAB et la valeur de commercialisation changent.

Ce qui compte

  • Hauteur sous plafond (seuil 1,80 m).
  • Usage : habitation, stationnement, annexe, technique.
  • Règles locales sur la prise en compte des sous-sols.
Piège fréquent Valoriser un sous-sol comme du RDC

Une pièce en sous-sol, même éclairée, n’est pas valorisée comme une pièce de plain-pied. À hauteur égale, la SHAB peut être proche, mais le prix au m² et la fiscalité diffèrent.

Mini-exemple foncier

Sous-sol 80 m² : 30 m² de garage (souvent déduits de la SDP), 20 m² de cave (hors SHAB), 30 m² de pièce aménagée > 1,80 m. SDP « sous-sol » retenue ≈ 50 m², valorisation différenciée à l’acte.

08 · Synthèse

À retenir en 30 secondes.

Six métriques, six logiques distinctes. Aucune ne remplace l’autre ; toutes doivent être lues à la lumière du PLU local et du règlement applicable.

Métrique En une phrase Ce qui dicte
Emprise au sol La vue de dessus : projection verticale du bâti, débords et surplombs inclus. Géométrie extérieure et débords
SDP Surfaces closes & couvertes > 1,80 m, mesurées au nu intérieur, avec déductions. Niveaux clos, hauteur, déductions
SHAB Espaces réellement habitables, hors murs, cloisons, gaines, annexes non habitables. Usage habitable réel
Retraits Distances minimales aux limites séparatives, voirie et voisins. PLU et alignement local
Terrasse / Balcon Souvent cas par cas selon hauteur, surplomb et PLU local. Document d’urbanisme local
Sous-sol Peut compter différemment selon l’usage et la métrique observée. Hauteur et usage

Comparatifs visuels

Comparatif visuel — Emprise au sol
Emprise au sol
Comparatif visuel — SDP
Surface de plancher (SDP)
Comparatif visuel — SHAB
Surface habitable (SHAB)
Comparatif visuel — Surface taxable
Surface taxable

Senari · Faisabilité immobilière

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Ce support pédagogique ne remplace pas l’analyse réglementaire d’un projet. Le PLU local, le règlement applicable et l’avis d’un professionnel restent déterminants pour toute décision.