Seuil foncier & PLU : calculer le prix max d’un terrain sans se tromper

Le problème : acheter “au feeling” coûte cher

Quand un vendeur annonce un prix, la vraie question n’est pas “est-ce que c’est cher ?” mais “est-ce que le projet le supporte ?”.

Le seuil foncier est le prix maximum d’acquisition (foncier + frais) qui permet au projet de respecter ta marge cible.

À retenir : sans PLU, pas de surface vendable fiable ; sans surface vendable, pas de chiffre d’affaires ; sans CA, pas de seuil foncier.

Étape 1 : Traduire le PLU en “surface vendable”

Le PLU ne te donne pas un projet, il te donne un cadre : zonage, gabarit, stationnement, pleine terre, etc.

1) Partir de la constructibilité théorique

  • COS / surface de plancher max (si applicable).
  • CES / emprise au sol max (si applicable).
  • Hauteur max (qui borne l’exploitation du COS).

2) Appliquer les “réducteurs” locaux

  • Reculs, servitudes, zones inconstructibles.
  • Stationnement (surfacique ou sous-sol coûteux).
  • Pleine terre / biotope / gestion des eaux.

3) Convertir en surfaces utiles

Passer de la surface de plancher à la surface vendable implique des pertes (circulations, locaux techniques, parties communes).

Exemple simplifié
Surface de plancher max (PLU) : 3 000 m²
Taux de pertes (communs, circulations) : 15 %

Surface vendable estimée ≈ 3 000 × (1 - 0,15) = 2 550 m²

Étape 2 : Construire le chiffre d’affaires (CA)

Le CA dépend de la programmation (logements, lots, mixte) et du prix de vente réaliste sur le secteur.

CA = Surface vendable × Prix de vente net vendeur (ou prix net)

Exemple :

Surface vendable : 2 550 m²
Prix de vente : 5 500 €/m²

CA ≈ 2 550 × 5 500 = 14 025 000 €

Étape 3 : Estimer les coûts (avec un niveau de prudence)

Coûts de construction

Ils dépendent du type (collectif, individuel groupé, mixte), du niveau de prestation, des contraintes (pente, sous-sol, etc.).

Coûts “annexes” souvent oubliés

  • VRD / viabilisation / réseaux.
  • Honoraires (MOE, BET, géotechnique, SPS).
  • Assurances, taxes, frais financiers, commercialisation.
  • Contingence / imprévus.

Règle pratique : le seuil foncier explose dès que tu sous-estimes la viabilisation, le sous-sol, ou les délais (portage + frais financiers).

Étape 4 : Calculer le seuil foncier

On peut l’exprimer de manière simple :

Seuil foncier = CA - (Tous les coûts du projet) - (Marge cible)

Exemple complet (simplifié) :

CA : 14,03 M€
Coûts totaux (construction + annexes + aléas) : 10,20 M€
Marge cible : 18% du CA ≈ 2,52 M€

Seuil foncier ≈ 14,03 - 10,20 - 2,52 = 1,31 M€

Si le foncier (prix + frais) dépasse 1,31 M€, le projet ne tient plus la marge cible (sauf optimisation du PLU/programme/prix de vente/coûts).

Les 4 erreurs qui font surpayer un terrain

  1. Surestimer la surface vendable : oublier stationnement, pleine terre, gabarit.
  2. Surestimer le prix de vente : prendre le haut du marché au lieu d’un prix réellement atteignable.
  3. Sous-estimer la viabilisation : réseaux loin, gestion EP, accès, terrassements.
  4. Oublier le facteur temps : délais PC + recours + portage + frais financiers.

Mini-checklist “Seuil foncier + PLU”

Élément Question Impact si faux
PLU (zonage + règles) Le gabarit est-il vraiment exploitable (reculs/hauteur/pleine terre) ? Surface vendable surestimée
Stationnement Combien de places et où les mettre ? Plan de masse irréalisable ou surcoût
Coûts VRD / sous-sol / aléas sont-ils provisionnés ? Seuil gonflé artificiellement
Prix de vente Comparable réel (pas “annonces” uniquement) ? Seuil faux de plusieurs centaines de k€

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